Allocation adulte handicapé : 185 millions d’euros pour les foyers les plus modestes

Mis à jour : juin 22



Jeudi 17 juin, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi dite « Dubié » sur la réforme de l’allocation adulte handicapé. Sa mesure phare est la revalorisation de ce minima social à hauteur de 185 millions d’euros.


Ce texte de loi prévoyait initialement l’individualisation du versement de cette allocation sans tenir compte des revenus du foyer. Je n’y suis pas favorable en l’état. Bien sûr, il est essentiel que chacun puisse ne pas dépendre de son conjoint pour assurer ses revenus.


Cependant, cette mesure ferait perdre de l’argent à près de 40.000 bénéficiaires actuels, déstabilisant ainsi les foyers qui devraient pâtir du nouveau calcul de l’AAH. Elle ne serait pas une mesure de justice sociale puisque tout le monde toucherait la même somme.


Cette « déconjugalisation » aurait du sens dans le cadre d’une refonte globale de la fiscalité, notamment du foyer fiscal et de l’individualisation de l’impôt, mais dans les conditions actuelles, elle ne permet pas d’avancée sociale significative, au contraire, elle présente un risque de creusement des inégalités.


C’est pourquoi, la majorité a proposé une autre solution, celle de mettre en place un abattement fiscal forfaitaire de 5000 euros pour permettre aux foyers les plus fragiles qui prétendent à l’AAH de toucher en moyenne 200 euros de plus par mois.


Cette mesure, qui représente un engagement de près de 185 millions d’euros s’inscrit dans la lignée de ce qui a déjà été fait jusque-là par notre majorité pour le handicap (procédure d’urgence en cas de divorce prévoyant que le caf doit dans les 10 jours rétablir l’AAH à taux plein sur simple déclaration ; la PCH parentalité ; l’aide partagé pour l’habitat inclusif).


C’est une réelle avancée, égalitaire et redistributive, qui permettra de faire progresser le pouvoir d’achat des plus modestes, tout en agissant en responsabilité.

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