Borealia 2 : ma contribution à la consultation du public

Dernière mise à jour : 25 févr.

ZAC BOREALIA 2

OBSERVATIONS DÉPOSÉES PAR CÉCILE DELPIROU, DÉPUTÉE DE LA SOMME, DANS LE CADRE DU PROCESSUS DE PARTICIPATION DU PUBLIC

https://www.amiens.fr/Vivre-a-Amiens/Developpement-economique/ZAC-BOREALIA-2


Le projet Borealia 2 suscite des questionnements, des réserves, voire des oppositions, qui me semblent importantes à prendre en compte.


Nous entendons souvent dire que c’est un projet ancien, prévu de longue date par la collectivité. Loin de constituer un argument favorable à sa réalisation, il me semble que ce constat pose davantage la question de l’adéquation d’un tel projet avec les enjeux et besoins de notre territoire aujourd’hui et pour les années à venir.


Personne ne peut plus ignorer à notre époque la problématique de l’artificialisation des sols. Elle joue un rôle dans les grands défis qui se posent à notre société, notamment l’effondrement de la biodiversité, le dérèglement climatique, la question de la souveraineté alimentaire… Notre territoire à l’échelle locale, régionale et même nationale, s’est d’ailleurs engagé dans un processus de lutte contre l’artificialisation des sols qui fixe des échéances à moyen et long terme mais aussi des efforts indispensables dès à présent.


A ce sujet, il serait d’ailleurs intéressant de connaître l’avis des autres communes de la Métropole et du Grand Amiénois, en dehors d’Amiens, dont les projets pourront être limités ou empêchés du fait de la consommation de terres induite par Borealia 2. Le fait que la ville-centre s’octroie de la sorte les dernières possibilités d’artificialisation autorisées en raison des enjeux et engagements pré-cités paraît discutable, notamment si l’on envisage un développement territorial équilibré.


Amiens Métropole justifie la réalisation de Borealia 2 par une importante demande de foncier de la part d’acteurs économiques, sans que celle-ci soit précisée d’un point de vue qualitatif ou quantitatif. Ainsi, de nombreuses questions restent en suspens et remettent en question l’opportunité même de ce projet :

- Quel type d’activités pourraient s’implanter précisément ? La question des activités logistiques, un temps avancées et désormais réfutées, ne semble pas tranchée.

- Combien d’emplois seront créés ? Si de telles estimations existent, ont-elles pris en compte les grandes difficultés de recrutement du secteur de la logistique, qui compterait des milliers de postes non pourvus dans la région ?

- La Métropole renoncera-t-elle à artificialiser d’autres espaces promis à la construction sur le reste du territoire ? Confirme-t-elle officiellement que la deuxième tranche sur la commune de Pont-de-Metz est abandonnée ?

- Quel sont ces acteurs économiques tellement demandeurs de terrains ?

- Pourquoi ne peuvent-ils pas s’installer sur les autres terrains référencés comme susceptibles d’accueillir des activités, et chiffrés à plus de 100 hectares, propriétés ou non d’Amiens Métropole, non-bâtis ou en friche ?

- Pourquoi faudrait-il absolument une zone de 62 hectares d’un seul tenant ?


Ces dernières questions soulèvent évidemment la problématique des friches présentes sur notre territoire. Si des entreprises attendent avec tellement d’impatience une installation sur Amiens, pourquoi ne pas déployer autant d’énergie à requalifier les terrains à l’abandon, y compris en faisant l’acquisition au besoin et en profitant des dispositifs offerts par l’Etat en la matière. On pense notamment à la disponibilité de la majeure partie du site Whirlpool, aux espaces disponibles sur la zone commerciale nord désertée puis l’installation de Shopping Promenade ou encore à une friche bien connue de la zone de Montières.


Le public a aussi pu prendre connaissance de l’avis plus que mitigé de la Mission Régionale de l’Autorité Environnementale (MRAE) quant à ce projet, notamment quant à la faiblesse de l’évaluation des impacts sur le climat, les services écosystémiques ou encore la qualité de l’eau.


En définitive, il s’agit d’un projet dont l’opportunité économique n’est pas démontrée, là où les risques sur l’environnement sont par contre bien réels.


Je forme le vœu que la collectivité prenne le recul nécessaire et ne s’entête pas par idéologie dans la réalisation de cette zone, mais plutôt qu’elle prenne le temps d’étudier en profondeur les alternatives possibles, d’une part pour installer des activités économiques dans des zones plus opportunes, et d’autre part pour attribuer aux terres concernées une meilleurs affectation, plus en phase avec les enjeux de notre époque et partagée avec les habitants.


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